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Programme alimentaire de sèche : menus types et liste de courses

Mis à jour le 28 octobre 202612 min de lecture4 sources citées
Sommaire

← Retour : le guide de la sèche musculaire

Un programme alimentaire de sèche répartit un apport calorique quotidien inférieur de 300 à 500 kcal à vos dépenses en trois repas et une collation, avec des protéines à chaque prise, des glucides placés autour de l’entraînement et assez de lipides pour préserver l’équilibre hormonal. Pour un homme de 75 kg qui fait quatre séances de musculation par semaine, ce plan alimentaire représente environ 2 350 kcal les jours d’entraînement et 2 050 kcal les jours de repos, avec 150 g de protéines dans les deux cas. Dans l’assiette : flocons d’avoine et œufs au petit-déjeuner, viande maigre ou poisson, riz basmati, patate douce et légumes aux repas, laitage ou shaker en collation.

Sur le papier, une sèche paraît simple : manger moins. En pratique, les premiers réflexes vont souvent trop loin. Supprimer le riz du soir, remplacer le déjeuner par une salade, grignoter des barres « protéinées » : la balance baisse pendant une quinzaine, puis la faim, la fatigue et la perte de masse musculaire prennent le dessus. Une restriction calorique mal répartie fait perdre du muscle autant que de la masse grasse.

Cette page propose un exemple de menu de sèche sur deux journées complètes, calculé à partir des informations nutritionnelles de la table Ciqual, puis des conseils pour tenir la sèche sans fringales, cuisiner à l’avance, faire ses courses et éviter les erreurs qui font stagner la perte de gras.

Traduire ses macros en repas concrets

Avant d’écrire le moindre menu de sèche, il vous faut deux chiffres : votre apport calorique quotidien et votre cible de protéines. On part ici d’un profil déjà chiffré. Antoine pèse 75 kg, travaille dans un bureau et suit un programme de musculation quatre soirs par semaine, sans cardio. Sa dépense est estimée à 2 650 kcal. Son objectif de sèche : perdre du gras sans toucher à sa force, à un rythme d’environ 0,5 % de son poids corporel hebdomadaire. Sa cible moyenne tourne donc autour de 2 230 kcal, soit un déficit d’un peu plus de 400, avec 150 g de protéines (2 g/kg), environ 1,1 g de lipides par kilo et le reste en glucides. Il est conseillé de démarrer par une approche progressive : une ou deux semaines à 200 kcal sous la maintenance, puis le déficit complet.

Une sèche suit souvent une phase de prise de masse : l’objectif devient alors de réduire le pourcentage de graisse corporelle en conservant le muscle construit. Pour une simple remise en forme, les mêmes principes s’appliquent avec un écart plus doux. Dans les deux cas, le plan alimentaire doit rester compatible avec votre mode de vie et adapté à vos horaires : un menu impossible à tenir plus de dix jours ne produira aucun résultat durable. La stratégie la plus simple consiste à garder des petits-déjeuners identiques et à ne varier que les déjeuners et les dîners.

La méthode tient en trois étapes, que l’équipe de Protéalpes détaille aussi pour construire son programme alimentaire en sèche :

  1. Placer les protéines. La prise de position de l’International Society of Sports Nutrition retient des prises d’environ 0,25 g de protéines par kilo de poids corporel, soit 20 à 40 g, réparties toutes les 3 à 4 heures1. Pour Antoine, cela donne une source protéique à chaque repas (œufs, viande, poisson, laitages, légumineuses) et un en-cas l’après-midi, une à deux heures avant l’exercice, ce qui favorise une séance de qualité.
  2. Caler les glucides sur l’exercice. Les féculents (pâtes, patate douce, quinoa) se concentrent sur le déjeuner et le dîner qui encadrent la séance, là où ils soutiennent l’effort, les dernières séries et la récupération. Avec séance, Antoine consomme environ 3 g de glucides par kilo ; sinon, environ 2 g.
  3. Répartir les lipides. Huile d’olive, poisson gras, œufs, oléagineux ou avocat apportent les acides gras indispensables. En sèche, les lipides se maîtrisent sans disparaître : descendre sous 1 g par kilo de poids corporel expose à des déséquilibres hormonaux et à une alimentation peu rassasiante.

Cette approche par aliments plutôt que par pourcentages de macronutriments évite un piège fréquent : un régime à 30 % de protéines apporte 135 g pour 1 800 calories, mais 225 g pour 3 000, soit bien plus que 2 g/kg chez un pratiquant de 75 kg. C’est le poids et l’entraînement qui fixent la répartition des macronutriments.

Deux journées types pour une sèche musculaire

Valeurs calculées à partir de quantités réelles et des moyennes de la table Ciqual2 (informations de l’étiquette pour la poudre protéinée). Elles restent indicatives : une cuisson plus longue ou une matière grasse plus généreuse décalent vite le total d’une cinquantaine de kilocalories. Les poids des aliments sont donnés cuits.

Avec entraînement (séance de 18 h à 19 h 15, valeurs en kilocalories)

Repas Contenu Énergie Protéines (g) Glucides (g) Lipides (g)
Petit-déjeuner, 7 h Porridge (50 g) au lait demi-écrémé (200 ml), 2 œufs brouillés, 100 g de fruits rouges 480 28 47 18
Déjeuner, 12 h 30 125 g de filet de poulet, 200 g de riz basmati, 200 g de haricots verts, 15 g d’huile, 1 pomme 740 49 88 20
Collation, 16 h 30 30 g de whey cacao dans 200 ml d’eau, 1 banane, 30 g d’amandes 410 29 30 17
Dîner, 20 h 130 g de saumon, 250 g de patate douce, 200 g de brocolis, 10 g d’huile, 40 g de pain complet 730 44 73 27
Total ≈ 2 360 ≈ 151 ≈ 238 ≈ 82

Sans entraînement (valeurs en kilocalories)

Repas Contenu Énergie Protéines (g) Glucides (g) Lipides (g)
Petit-déjeuner, 8 h 2 œufs au plat, 2 tranches de pain complet (60 g), 100 g de skyr, 1 kiwi 410 31 39 13
Déjeuner, 12 h 30 125 g de bœuf haché 5 %, 200 g de lentilles, 250 g de courgettes, 15 g d’huile, 1 pomme 690 56 57 23
Collation, 16 h 30 150 g de fromage blanc 0 %, 30 g d’oléagineux, 100 g de fruits rouges 300 19 16 16
Dîner, 19 h 30 120 g de cabillaud, 150 g de quinoa, 250 g de haricots verts, 10 g d’huile, 80 g d’avocat, 1 yaourt nature 660 45 51 28
Total ≈ 2 060 ≈ 151 ≈ 163 ≈ 80

Avec quatre journées d’entraînement et trois sans séance, la moyenne s’établit à environ 2 230 calories, soit un écart proche de 420 avec la dépense. Ce qui change d’une journée à l’autre : environ 75 g de glucides en moins sans exercice, compensés en partie par un peu plus de lipides. L’apport protéique, lui, ne bouge pas, car c’est lui qui protège la masse maigre pendant la restriction calorique.

La collation de l’après-midi repose sur la whey cacao sans sucres ajoutés de Protéalpes. Son profil nutritionnel, selon l’étiquette : une portion de 30 g apporte 116 kcal, 21,7 g de protéines, 5,3 g de BCAA et 0,8 g de sucres, sans édulcorants. Une whey isolate ou concentrée de bonne qualité convient aussi ; l’appellation « whey native », elle, ne repose sur aucun cadre réglementaire. Ce complément reste une option : un skyr ou une tranche de jambon avec un fruit font aussi bien l’affaire.

Adapter les portions à son profil. Une femme de 60 kg qui s’entraîne trois fois par semaine garde cette structure de sèche et réduit d’environ un quart les glucides complexes et les matières grasses. Ses besoins protéiques restent de 1,6 à 2 g par kilo, soit environ 95 à 120 g. Un homme de 90 kg, ou plus actif, augmente d’abord les féculents autour des séances avant de toucher au reste. Un homme de 65 kg, à l’inverse, réduit d’environ 15 % les glucides complexes.

Fixez-vous enfin un objectif de performance en plus de l’objectif sur la balance : conserver vos charges sur les exercices de base reste le meilleur signe que la phase de sèche épargne le muscle. Une approche de nutrition sportive adaptée favorise ce maintien ; réduire les glucides au strict minimum le compromet. Il est aussi conseillé de garder un équilibre nutritionnel stable du lundi au vendredi plutôt que d’alterner restriction sévère et excès : cette stratégie en dents de scie épuise vite la motivation. Le conseil vaut aussi pour les sports d’endurance : plus l’activité physique augmente, plus la part de glucides doit suivre.

Tenir sa sèche sans fringales

Les fringales font échouer plus de sèches que les erreurs de chiffrage. Une faim modérée en fin d’après-midi reste normale en période de sèche ; une faim constante, une digestion difficile ou un sommeil perturbé signalent au contraire un déficit trop large. Trois leviers aident à trouver le bon équilibre, avec des aliments à faible teneur calorique et beaucoup de volume.

Le volume dans l’assiette. Les travaux de Barbara Rolls montrent que nous avons tendance à manger un poids de nourriture assez constant d’un repas à l’autre : baisser la densité énergétique (les kilocalories par gramme) en ajoutant de l’eau et des fibres, via les légumes, les fruits ou les potages, réduit l’apport énergétique sans augmenter la sensation de manque3. Une assiette de sèche doit donc paraître pleine : la moitié en légumes, un quart en protéines, un quart en glucides complexes. Les légumes apportent en prime fibres, vitamines et minéraux, souvent en recul quand les quantités diminuent.

Les protéines à chaque repas. Les régimes plus riches en protéines améliorent la satiété ressentie après le repas4. C’est une raison supplémentaire de ne laisser aucun repas sans source protéique. Les laitages égouttés, riches en caséine, une protéine digérée lentement, conviennent bien en fin de journée ; la caséine n’a rien de magique, mais elle tient au corps. Pour approfondir, voici comment s’alimenter pour réussir une sèche, avec des exemples de repas.

Des échanges simples. Ces substitutions diminuent l’énergie sans diminuer la quantité dans l’assiette :

Au lieu de Préférez Énergie économisée (kcal)
300 g de pâtes cuites 150 g de pâtes et 200 g de légumes ≈ 160
2 cuillères à soupe de vinaigrette 1 cuillère et une sauce yaourt-citron ≈ 70
1 verre de jus d’orange de 250 ml 1 orange entière ≈ 50
30 g de gruyère 150 g de skyr ≈ 30, et deux fois plus de protéines
1 barre de céréales 1 pomme et 10 amandes variable, avec plus de fibres et un index glycémique plus bas

Côté boissons, le café et le thé non sucrés accompagnent bien la sèche ; une eau riche en minéraux comme le magnésium ou le bicarbonate aide aussi les gros transpirants à compenser les sels minéraux perdus dans la sueur. L’alcool apporte environ 7 calories par gramme et ouvre l’appétit : c’est souvent lui qui efface le déficit du week-end.

Préparer ses repas, faire ses courses, manger dehors

Une alimentation saine en sèche se prépare surtout le dimanche. Une session d’environ 90 minutes suffit pour huit repas : riz et quinoa cuits en grande quantité, poulet au four, œufs durs, légumes lavés ou surgelés natures, riches en vitamines et minéraux, lentilles en bocal égouttées. Le tout est réparti en boîtes ; le cabillaud ou le saumon se cuisent plutôt à la demande. Cette stratégie du batch cooking évite le piège du frigo vide à 21 h. Notre conseil : alternez deux sources de protéines d’une session à l’autre. Pour varier le petit-déjeuner, piochez des recettes aux flocons d’avoine pour sportifs : porridge, pancakes ou overnight oats demandent dix minutes.

Liste de courses hebdomadaire (poids crus)

Rayon Produits et quantités
Céréales et tubercules 200 g de céréales à porridge, 280 g de riz basmati cru, 250 g de lentilles vertes sèches, 170 g de quinoa cru, 1,1 kg de patates douces, 1 pain complet
Protéines animales 650 g de filet de poulet, 4 pavés de saumon de 160 g, 450 g de cabillaud, 3 steaks hachés 5 % de 160 g, 14 œufs
Laitages 1 L de lait demi-écrémé, 300 g de skyr, 500 g de fromage blanc 0 %, 3 yaourts nature
Fruits et légumes 1,6 kg de haricots verts, 800 g de brocolis, 750 g de courgettes, 7 pommes, 4 bananes, 3 kiwis, 2 avocats, 700 g de fruits rouges surgelés
Épicerie 210 g d’amandes ou de noix, environ 200 ml d’huile d’olive, 4 doses de protéine en poudre

Au restaurant ou à la cantine, appliquez la logique de vos menus : une portion de viande ou de poisson grillé, des crudités ou une poêlée en accompagnement, des pommes de terre ou des pâtes si vous vous êtes entraîné, la sauce à part. Lisez aussi les informations nutritionnelles des plats préparés : beaucoup sont plus riches qu’il n’y paraît. Un repas copieux de temps en temps ne ruine pas une sèche ; une habitude quotidienne, si.

Les erreurs alimentaires qui font stagner une sèche

Quand la balance s’arrête plus d’une quinzaine, l’une de ces erreurs est presque toujours en cause. Pour la liste complète, y compris côté entraînement, consultez les erreurs à éviter pendant une sèche.

  1. Oublier les calories invisibles. Une cuillère à soupe d’huile apporte environ 90 calories ; trois cuillères « au jugé » dans la poêle en ajoutent 270, soit plus de la moitié du déficit.
  2. Creuser un écart trop important. Au-delà de 500 calories de moins par jour, la fatigue monte, les séries et les répétitions perdent en qualité et la fonte musculaire s’accélère. Un rythme de 0,5 à 1 % du poids corporel par semaine, sans dépasser 2 kg par mois, reste la base conseillée.
  3. Supprimer les glucides. Sans glucides complexes autour des séances, l’entraînement sportif devient poussif et la récupération se dégrade.
  4. Négliger les protéines sans séance. Les besoins ne disparaissent pas les jours sans exercice : la masse musculaire se maintient aussi en dehors de la salle.
  5. Relâcher tout le week-end. Deux journées à 800 calories de plus effacent l’effort de quatre jours ouvrés.
  6. Compter sur des produits miracles. Brûleurs de graisse, BCAA en gélules ou cures « détox » n’apportent pas de bénéfice établi pendant une sèche : l’essentiel se joue sur les apports en protéines, vitamines et minéraux de l’assiette.

Pour suivre vos résultats, pesez-vous trois ou quatre matins par semaine et mesurez votre tour de taille deux fois par mois. Si la moyenne des pesées et le tour de taille diminuent pendant que vos charges tiennent à la salle, la sèche fonctionne : la graisse part, le muscle reste. Sinon, réduisez une seule variable à la fois : 100 à 150 calories de moins, des portions pesées pendant sept jours, ou une sauce en moins. Diminuer trop de choses en même temps empêche de savoir ce qui a fonctionné. En cas de pathologie, de traitement en cours ou de troubles du comportement alimentaire, mieux vaut consulter un professionnel de santé avant de démarrer une sèche.

Pour continuer

Si vous n’avez pas encore fixé vos chiffres, commencez par répartir glucides et lipides en sèche : la fiche détaille le calcul en quatre étapes pour plusieurs profils.

Et si la collation protéinée vous intéresse, prenez le temps de choisir une whey pour sécher en lisant correctement son étiquette.

Ressources utilisées

Les repères chiffrés de cette page (déficit, vitesse de perte, apport en protéines, valeurs de la poudre protéinée) sont alignés sur ceux publiés par l’équipe de pharmaciens de Protéalpes, spécialisée en nutrition sportive.

  1. Jäger R., Kerksick C. M., Campbell B. I. et al. (2017). International Society of Sports Nutrition Position Stand: protein and exercise. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14:20. DOI : 10.1186/s12970-017-0177-8. Lire le passage cité
  2. Anses. Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual. Consulter la table
  3. Rolls B. J. (2009). The relationship between dietary energy density and energy intake. Physiology & Behavior, 97(5), 609-615. DOI : 10.1016/j.physbeh.2009.03.011. Lire le passage cité
  4. Phillips S. M., Chevalier S., Leidy H. J. (2016). Protein "requirements" beyond the RDA: implications for optimizing health. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 41(5), 565-572. DOI : 10.1139/apnm-2015-0550. Lire le passage cité