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← Retour : le guide de la sèche musculaire
Pour calculer ses macros en sèche musculaire, on suit un ordre fixe : protéines, lipides, puis glucides. Les protéines passent en premier, à 1,6 à 2 g par kilo de poids corporel et par jour, pour conserver la masse musculaire et éviter la perte de muscle. Les lipides gardent un plancher de 1 g par kilo de poids, utile au fonctionnement hormonal. Les glucides prennent les calories restantes pour soutenir l’intensité des séances de musculation. L’apport calorique total se situe 300 à 500 kcal sous votre besoin calorique journalier : ce déficit oriente la perte de poids vers la masse grasse.
Cette répartition des macros en grammes évite l’erreur la plus courante : appliquer un ratio de macronutriments tout fait (40 % de protéines, 40 % de glucides, 20 % de lipides) sans tenir compte du poids de corps ni de la masse maigre. Ce pourcentage de macronutriments donne trop de protéines à une personne légère et pas assez à un sportif lourd. Autre erreur : couper les glucides dès la première semaine de régime. Les charges baissent, la faim augmente et l’objectif s’éloigne.
Vous trouverez ici comment estimer son besoin calorique, calculer vos macros en 4 étapes, trois profils chiffrés, un calculateur de macronutriments et les aliments pour sécher à intégrer à votre plan alimentaire.
Partir des protéines, puis répartir le reste
En déficit calorique, l’organisme puise une partie de son énergie dans ses réserves, et le tissu musculaire peut en faire partie si l’alimentation ne le protège pas. Les protéines en sèche sont donc la priorité de l’alimentation : elles fournissent les acides aminés dont le corps a besoin pour entretenir le muscle, rassasient davantage que les autres macronutriments et coûtent plus d’énergie à digérer.
Le repère retenu par les pharmaciens de Protéalpes se situe entre 1,6 et 2 g de protéines par kg de poids corporel et par jour. La méta-analyse de Morton et ses collègues, consacrée aux gains musculaires avec un entraînement en résistance, n’observe plus de bénéfice supplémentaire au-delà d’un apport total d’environ 1,62 g/kg/j1. En période de préparation au concours, la revue de Helms, Aragon et Fitschen évoque des apports plus élevés, de 2,3 à 3,1 g par kg de masse maigre2. Attention, ce chiffre s’applique à la masse maigre : rapporté au poids d’un pratiquant déjà affûté, il reste proche de la fourchette précédente. Protéalpes ne conseille pas de dépasser 2 g/kg/j sur de longues périodes.
Pourquoi raisonner en grammes plutôt qu’en pourcentages
Un pourcentage dépend du total calorique ; le besoin protéique, lui, dépend du poids. Deux cas réels montrent l’écart :
- une pratiquante de 55 kg qui applique 40 % de protéines à 1 600 kcal consomme 160 g de protéines, soit 2,9 g/kg/j, bien au-delà du nécessaire ;
- un pratiquant de 95 kg qui vise 20 % de protéines à 2 600 kcal n’en consomme que 130 g, soit 1,4 g/kg/j, trop peu pour bien protéger sa masse musculaire en déficit.
L’ordre de calcul ne change donc jamais : protéines en g/kg, puis un plancher de graisses en g/kg, puis les glucides en dernier. Les pourcentages servent seulement à contrôler le résultat.
Ajuster selon son taux de masse grasse et son profil
Le poids de corps ne dit pas tout. Prenons un homme de 80 kg avec un taux de masse grasse de 25 % : sa masse maigre est d’environ 60 kg. Appliquée à cette masse maigre, la fourchette de Helms donne 138 à 186 g par jour, soit 1,7 à 2,3 g par kg de poids de corps. Le même homme à 12 % de masse grasse a besoin d’un apport relatif plus élevé pour limiter la perte de muscle. Dans les deux cas, viser environ 2 g/kg/j, la borne supérieure de Protéalpes, reste la solution la plus simple. Pour suivre ce taux, une mesure de composition corporelle (impédancemètre, plis cutanés) vaut mieux que l’indice de masse corporelle, qui ne distingue pas la masse graisseuse du muscle.
D’autres facteurs comptent aussi. Avec l’âge, le muscle répond moins bien à une dose donnée de protéines : après 50 ans, mieux vaut rester vers 2 g/kg/j et répartir les prises sur quatre repas. Les besoins par kg ne diffèrent pas entre une femme et un homme. En alimentation végétale, associez légumineuses et céréales au fil de la journée et prévoyez des portions un peu plus généreuses, car les protéines végétales contiennent en moyenne moins de leucine. Si vous avez une maladie rénale, un diabète ou des antécédents de troubles alimentaires, mieux vaut consulter un professionnel de santé avant de suivre un programme alimentaire de sèche.
Garder assez de glucides pour s’entraîner
Les glucides sont le carburant principal des séries intenses. Stockés sous forme de glycogène dans les muscles et le foie, ils conditionnent la capacité à maintenir l’intensité et le volume de travail en musculation. Une sèche trop pauvre en glucides se repère vite : les dernières séries s’effondrent, la force baisse, l’humeur aussi, et la tentation de « compenser » le soir grandit.
En pratique, les glucides en sèche représentent en général 35 à 45 % de l’apport, soit environ 2,5 à 4 g par kg selon le volume de travail. Un pratiquant sédentaire au bureau, qui fait trois séances par semaine, se situe vers le bas de la fourchette ; quatre ou cinq séances plus du cardio le poussent vers le haut. Pour affiner selon votre activité physique et l’intensité de vos séances, voici combien de glucides prévoir en sèche.
Les placer au bon moment
La quantité compte plus que l’heure, mais la répartition aide à garder de l’intensité :
- avant l’effort (1 à 3 heures) : une portion de glucides complexes, comme du riz, des flocons d’avoine ou du pain complet, avec des protéines ;
- après l’effort : un apport de glucides associé aux protéines aide à reconstituer le glycogène, surtout si l’entraînement suivant arrive vite ;
- le reste du temps : des aliments riches en fibres et à index glycémique bas, plus rassasiants.
L’index glycémique mesure l’élévation de la glycémie (le sucre dans le sang) après un aliment, comparée à une référence. Un aliment à index glycémique haut garde sa place après un effort de haute intensité ; en dehors de ce moment, les produits moins raffinés tiennent mieux jusqu’au repas suivant.
Ne pas couper les lipides trop bas
Avec 9 kcal par gramme, contre 4 kcal pour les protéines et les glucides, les lipides sont la cible la plus tentante quand il faut réduire l’énergie. C’est une erreur fréquente. Ils apportent les acides gras essentiels, dont les oméga-3, permettent l’absorption des vitamines A, D, E et K, et participent à la fabrication des hormones stéroïdiennes. Leur rôle dépasse donc largement la question de l’apport énergétique.
La revue de Helms propose 15 à 30 % de l’apport sous forme de graisses chez les athlètes en préparation2. Protéalpes retient un repère de 1 à 1,5 g/kg/j en sèche, avec un plancher : ne pas descendre sous 1 g/kg/j, ni sous 20 % de l’apport total. Concrètement, une femme de 60 kg à 1 750 kcal qui appliquerait 15 % de matières grasses n’en consommerait que 29 g, soit moins de 0,5 g/kg/j : trop peu pour une alimentation tenable plusieurs semaines, et pour un bon équilibre hormonal.
Privilégiez les bonnes graisses : huile d’olive ou de colza, poissons gras deux fois par semaine pour les oméga-3, oléagineux, avocat, œufs. Elles se mesurent à la cuillère, car une cuillère à soupe d’huile représente déjà 90 à 120 kcal selon son remplissage. Les produits ultra-transformés, eux, cumulent graisses et sucres pour peu de satiété : ils font grimper le nombre de calories sans aider à maigrir.
Calculer ses macros en 4 étapes
Le trio protéines, glucides, lipides se calcule en quatre étapes simples, à refaire à chaque changement de poids important. C’est la base de la nutrition sportive appliquée à la sèche.
- Estimer son besoin calorique et fixer la cible. Une formule comme celle de Mifflin-St Jeor estime le métabolisme de base à partir du poids, de la taille, de l’âge et du sexe ; on le multiplie ensuite par un facteur d’activité physique pour obtenir la dépense totale, puis on retire 300 à 500 kcal pour créer le déficit. Ce calcul des besoins caloriques journaliers fait l’objet d’une fiche dédiée : ici, on part d’une cible déjà fixée.
- Placer les protéines : poids × 1,6 à 2 g.
- Placer les lipides : poids × 1 à 1,5 g.
- Donner le reste aux glucides, puis contrôler : glucides entre 2,5 et 4 g/kg, lipides au-dessus de 20 % de l’apport.
Exemple : homme de 80 kg, quatre entraînements de musculation par semaine, cible de 2 400 kcal par jour.
- Protéines : 80 × 2 = 160 g, soit 640 kcal.
- Lipides : 80 × 1 = 80 g, soit 720 kcal.
- Glucides : 2 400 − 640 − 720 = 1 040 kcal, soit 260 g (3,2 g/kg).
- Contrôle : les glucides représentent 43 % de l’apport et les lipides 30 %. Chaque nutriment tombe dans sa fourchette : le plan alimentaire peut commencer.
| Macronutriment | Repère | Grammes par jour | Énergie (kcal) | Part du total |
|---|---|---|---|---|
| Protéines | 2 g/kg | 160 g | 640 | 27 % |
| Lipides | 1 g/kg | 80 g | 720 | 30 % |
| Glucides | reste | 260 g | 1 040 | 43 % |
Si le contrôle sort des fourchettes (glucides sous 2,5 g/kg, par exemple), le déficit est probablement trop agressif pour votre volume d’entraînement : réduisez-le avant de toucher aux protéines.
Trois profils chiffrés
Voici ces règles appliquées à trois gabarits. Les cibles sont des estimations qui intègrent déjà le déficit ; seul le suivi de votre poids dira si elles sont justes.
| Profil | Cible (kcal) | Protéines | Lipides | Glucides |
|---|---|---|---|---|
| Femme, 60 kg, 3 séances hebdomadaires | 1 750 | 108 g (1,8 g/kg) | 60 g (1 g/kg) | 194 g (3,2 g/kg, 44 %) |
| Homme, 75 kg, 4 séances hebdomadaires | 2 250 | 150 g (2 g/kg) | 75 g (1 g/kg) | 244 g (3,2 g/kg, 43 %) |
| Homme, 90 kg, 4 séances hebdomadaires | 2 650 | 162 g (1,8 g/kg) | 90 g (1 g/kg) | 298 g (3,3 g/kg, 45 %) |
Pour un résultat personnalisé avec vos propres données, utilisez le calculateur de macronutriments en sèche : il suit cette logique en grammes par kg.
Atteindre ses protéines sans exploser le budget
C’est souvent le chiffre le plus difficile à tenir quand l’apport baisse. Les aliments maigres (blanc de poulet, poisson blanc, œufs, skyr, fromage blanc, lentilles) font l’essentiel du travail. Quand un moment de la journée reste pauvre en protéines, comme un petit-déjeuner pris sur le pouce, un shaker dépanne : une dose de 30 g de whey protéine sans sucres ajoutés apporte 22 g de protéines pour 117 kcal, sans édulcorants. Elle complète l’alimentation sans la remplacer.
Ajuster au fil de la sèche
Le chiffrage de départ n’est pas définitif. Faites un bilan toutes les deux semaines : moyenne des pesées, tour de taille, force sur trois exercices de référence. Tous les 2 à 3 kg perdus, recalculez protéines et lipides à partir du nouveau poids. Si la perte de poids dépasse 1 % par semaine, augmentez d’abord les glucides ; si elle stagne deux semaines de suite malgré un suivi rigoureux, retirez 100 à 200 kcal sur les glucides ou les lipides, jamais sur les protéines. Un outil de suivi ou un calculateur de calories aide les premières semaines à suivre un programme alimentaire au gramme près ; une tolérance de 5 à 10 % autour de chaque cible suffit ensuite. Sur deux ou trois mois, ce sont ces petits ajustements qui font réussir sa sèche.
Ce qui change par rapport à une prise de masse
Les repères en protéines et en lipides restent proches d’une phase à l’autre ; ce sont surtout les glucides et le signe du bilan énergétique qui changent.
| Repère | Prise de masse | Sèche |
|---|---|---|
| Bilan énergétique | surplus calorique de 300 à 500 kcal | déficit de 300 à 500 kcal |
| Protéines | 1,6 à 2 g/kg/j | 1,6 à 2 g/kg/j, plutôt le haut de la fourchette |
| Lipides | 1 à 1,5 g/kg/j | 1 à 1,5 g/kg/j, jamais sous 1 g/kg |
| Glucides | 4 à 6 g/kg/j | 2,5 à 4 g/kg/j |
Passer d’une phase à l’autre se fait donc surtout en déplaçant les glucides, par petites étapes, plutôt qu’en changeant tout son mode de vie du jour au lendemain. Les acquis de la prise de muscle se conservent d’autant mieux que la transition reste progressive.
Choisir des aliments rassasiants
Des macros identiques peuvent laisser une faim permanente ou passer sans effort : tout dépend des aliments choisis. Trois critères font la différence en sèche : le volume pour une même énergie, les fibres et la densité en protéines.
| Aliment | Portion | Énergie (kcal) | Atout en sèche |
|---|---|---|---|
| Flocons d’avoine | 50 g | ≈ 175 | 30 g de glucides complexes, des fibres solubles |
| Fromage blanc 0 % | 150 g | ≈ 75 | environ 12 g de protéines |
| Légumes verts | 300 g | ≈ 70 | grand volume pour peu d’énergie |
| Pomme de terre cuite | 200 g | ≈ 170 | très rassasiante |
| Blanc de poulet cuit | 120 g | ≈ 190 | environ 35 g de protéines |
| Lentilles cuites | 150 g | ≈ 170 | protéines végétales, fibres, minéraux |
Ces valeurs sont arrondies à partir de la table Ciqual3 et varient selon les produits ; vérifiez vos étiquettes.
Les flocons font partie des aliments pour sécher les plus pratiques : ils se dosent au gramme près, tiennent la matinée et se combinent facilement avec des protéines. Le détail des portions et des recettes se trouve dans les flocons d’avoine en sèche. Le fromage blanc, lui, apporte beaucoup de protéines pour peu d’énergie ; la place du fromage blanc en sèche précise les quantités utiles selon votre gabarit.
Quelques remplacements simples gardent vos macros avec plus de volume :
- des pâtes à moitié remplacées par des légumes ;
- une pomme de terre à la place d’une portion de pain ;
- un yaourt nature et des fruits rouges à la place d’un dessert sucré ;
- de l’eau gazeuse ou du thé plutôt que les boissons sucrées.
Ces conseils pour sécher reposent sur un principe : à énergie égale, l’aliment le moins transformé occupe plus de place dans l’estomac et cale plus longtemps. Dernière astuce pour sécher sans craquer : gardez un plat que vous aimez dans chaque journée, même petit, plutôt que de vous l’interdire pendant des semaines.
Pour continuer
Le calcul des macros suppose une cible juste : si vous n’avez pas encore fixé la vôtre, commencez par calculer son déficit calorique en sèche.
Une fois vos grammes définis, reste à les transformer en assiettes : la fiche pour construire ses menus de sèche propose deux journées types et une liste de courses.
Ressources utilisées
Les repères chiffrés de cette page (protéines, lipides, déficit, valeurs de la whey sans sucres ajoutés) sont alignés sur ceux publiés par l’équipe de pharmaciens de Protéalpes.
- Morton RW, Murphy KT, McKellar SR et al. (2018). A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. British Journal of Sports Medicine, 52(6), 376-384. DOI : 10.1136/bjsports-2017-097608. Lire le passage cité
- Helms ER, Aragon AA, Fitschen PJ (2014). Evidence-based recommendations for natural bodybuilding contest preparation: nutrition and supplementation. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 11, 20. DOI : 10.1186/1550-2783-11-20. Lire le passage cité
- Anses. Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual. Consulter la table